Difficile de décrire de quelle façon on envisage un show de Guns N' Roses, particulièrement après avoir abandonné pendant des années et à s'être fait à l'idée que le seul espoir d'un spectacle réside dans une éventuelle tournée réunion, alors que l'âge moyen des musiciens se rapprocherait dangeureusement des 60 ans, et que tous les conflits à propos de la préparation du successeur des Use Your Illusion auraient sombré dans l'oubli.
C'est d'autant plus complexe lorsqu'on y ajoute le souvenir des événements du Stade Olympique de Montréal en 1992, qui changent complètement les standarts: d'un côté, n'importe quel show de Guns N' Roses durant plus d'une demi-heure est le bienvenu, de l'autre, personne n'est réellement certain de leur avoir pardonné.
Ce qui est facile, toutefois, c'est de décrire le sentiment éprouvé une fois à l'extérieur du Colisée de Québec: du soulagement. D'abord de constater qu'Axl Rose est toujours en pleine possession de ses moyens, ensuite d'avoir eu droit à un concert de Guns N' Roses digne de ce nom. Voici donc un résumé plus ou moins détaillé du concert. Je vous écourterai le premier groupe, les danseuses laides et Sebastien Bach, dont je me sacre éperduement.
11h45: Entrée de Guns N' Roses sur scène. Évidemment, le spectacle commence par les premières notes de Welcome To The Jungle, alors que la foule est COMPLÈTEMENT virée folle.
Les trois premières pièces, Jungle, It's So Easy et Mr. Brownstone (que de surprise, jusqu'à maintenant) étaient à la hauteur. La foule embarquait complètement, et on ne pouvait pas demander mieux. Rien de spécial à noter, pour avoir écouté des enregistrements de dizaines de spectacles, je n'avais pas réellement d'attentes à ce niveau.
Par la suite, Live and Let Die. J'avais oublié à quel point je pouvais aimer cette chanson. C'est le genre de pièce que j'écoute sans trop embarquer sur disque, mais live, c'était une autre paire de manches.
Knocking on Heaven's Door m'a semblée quelque peu amochée, notamment au niveau de l'intro et du petit bridge reaggae que j'aimais bien sur les concerts des années 90.
Le premier solo, celui de Robin Finck, était complètement atroce. Improvisation sans le moindre sens, ça faisait plus mal aux oreilles qu'autre chose. J'avais le sentiment de pouvoir jouer quelque chose de plus suivi moi-même...
You Could Be Mine était fantastique. Le genre de pièce rythmée qui aide à maintenir l'ambiance d'une foule. Ç'a toujours été un de mes morceaux préférés, et il était à la hauteur de mes attentes.
Sweet Child O' Mine, probablement la chanson que je déteste le plus de Guns, et ce, depuis le premier jour où j'ai écouté Appetite for Destruction. J'ai toujours qualifié ce titre de "hymne aux Rednecks", et je ne l'ai pas plus appréciée qu'à l'habitude. On s'entend, ce n'était quand même pas atroce...
Better! J'attendais avec impatience les nouvelles chansons, et je n'ai pas été déçu (sauf une, voyez plus loin). La foule semblait complètement perdue. Je crois qu'on a eu une belle preuve qu'en Amérique, c'est beaucoup différent qu'en Europe. Pratiquement aucune réaction pendant les nouvelles pièces. Des applaudissements ensuite, mais sur le coup, visiblement beaucoup de questionnement des gens.
Pour The Blues, ce qui m'a le plus marqué, c'est le solo de piano de Dizzy Reed. Bien qu'il soit membre de Guns depuis des années et qu'il ait joué avec le groupe pendant la tournée des Use Your Illusion, je ne croyais pas m'être rendu compte avant hier de l'étendue de son talent. Un magnifique solo. Pour The Blues, encore moins de réactions que pendant Better, qui avait au moins l'avantage d'être très rytmée, ce qui a aidé à la foule à embarquer quelque peu.
Le solo de Robin Finck et Richard Fortus était merveilleux. Fortus est définitivement ma surprise de la soirée. Je connaissais le talent de Bumblefoot et Finck (malgré que j'ai fait le saut sur le premier solo de Finck, mais bon), mais celui de Richard Fortus m'avait échappé. Solo magnifique de Beautiful.
Out Ta Get Me, probablement l'ingrédient parfait pour ramener la foule à la vie, après deux pièces inconnues qui ont semé l'inquiétude et un solo qui n'a somme tout pas attiré de grandes réactions. Un morceau d'enfer, tout simplement parfait.
Vient ensuite November Rain. Oh, là là. Bien qu'Axl nous ait habitué à de longues introductions au piano avant d'entammer la pièce, le tout s'est fait rapidement hier soir. Peu importe, la foule en entier a embarqué dès les premières notes. Savoureux. L'Outro était spectaculaire.
Down on The Farm... wow! Je crois que tout le monde a été pris par surprise. Je fais partie du lot de fans n'ayant probablement pas écouté The Spaghetti Incident plus d'une quinzaine de fois, mais comme bien d'autres à la suite de cette tournée, il aura sa deuxième chance. Totalement brillant.
On a ensuite eu droit à ma surprise de la soirée: Bumblefoot qui joue Don't Cry en entier, en solo. La foule a chanté les paroles à merveille du début à la fin. L'ambiance était tout simplement magnifique.
Suite au solo de Ron Tahl, Axl a invité Sebastian Bach à revenir sur scène pour interpréter My Michelle en duo. Bien que l'énergie de Bach a semblé donner un coup de pied au cul d'Axl, le duo n'a pas réellement apporté plus à la chanson, puisque comme toujours, ce sont les cris d'Axl durant le refrain qui la rendent aussi bonne.
C'est ici que ça se gâte, avec Used To Love Her. Il me semble qu'il y a des dizaines d'autres pièces qui auraient été plus appropriées pour prendre cette place dans le set. Ennuyante. J'avais hâte qu'on passe à autre chose.
Et ce autre chose, ce fut IRS, qui a toutefois récolté plus de réactions du public que The Blues et Better.
Moi qui espérait Nightrain, j'ai plutôt eu droit à une autre douche d'eau froide, alors qu'on m'a servi Patience. J'ai cru réaliser une chose, hier soir: Je n'aime vraiment pas l'album Lies. Encore une fois, j'aurais tellement aimé mieux entendre un Civil War, Rocket Queen ou encore Estranged...
Finalement, j'ai eu mon Nightrain. Probablement la meilleure chanson de tout le spectacle. Absolument parfaite.
En rappel, j'ai été déçu qu'ils aient joué Chinese Democracy, surtout qu'ils avaient joué Madagascar la veille, à Ottawa. Je n'ai jamais accroché à Chinese Democracy, et j'ai vraiment hâte d'entendre la version studio, afin de voir si elle a quelque chose de plus à offrir. Madagascar est de loin ma chanson préférée de toutes les nouvelles qui ont été jouées depuis le retour de Guns N' Roses, et je crois que c'est le cas pour bien des gens également. Peut-être pas nécessairement à la place de Chinese Democracy, que j'étais tout de même content d'entendre puisque je voulais un maximum de nouvelles chansons, mais je crois que Madagascar aurait pu être insérée quelque part.
Évidemment, Paradise City est venu clore le tout. Encore une fois magnifique, et contrairement à toutes les autres versions que j'ai entendues lors des différents concerts de cette année, j'étais heureux de voir qu'Axl avait encore de la voix pour pousser la dernière chanson. La finale était magnifique, avec les canons à confettis.
Bref, un spectacle tout à fait incroyable. J'ai été déçu de ne pas entendre Rocket Queen, que je croyais toujours incontournable. Autre point négatif, tel que souligné, je ne comprend vraiment pas la présence de Used To Love Her. Pour Patience, c'était plus justifié comme c'est une pièce fort populaire, mais je me demande quel impact aurait eu Rocket Queen avant IRS...
En terminant, toutes mes félicitations à l'équipe du Colisée de Québec qui a semblé oublier que d'ordinaire, c'est une bonne idée d'appeler des policiers pour aider à la circulation à la fin du spectacle. Comme probablement bien des gens présents, nous avions à retourner à Montréal, et d'avoir été pris dans le stationnement une demi-heure de plus (le spectacle s'est quand même terminé à 2h30) ne m'a pas nécessairement plu.
Le show de l'année? Peut-être pas, mais disons que c'était là un beau cadeau de la part d'un groupe dont plusieurs avaient annoncé la mort il y a 10 ans!