05 janvier 2007

Tranche de Yoan

Yoan a déjà fait chauffer son plat au micro-ondes en laissant les ustensils à l'intérieur. Quelques étincelles, un nuage de fumée et la consistance douteuse de son repas ne l'ont pas empêcher de savourer cet instant de magie en n'en laissant pas une seule miette. On suppose que le chemin du retour fut rapide et périlleux.

04 janvier 2007

Yoan

Yoan, c'est probablement le nom le plus laid qu'il m'a été donné d'entendre dans toute ma vie. Et en plus, la personne à qui appartenait ce prénom lui convenait à ravir. Il était laid. Excessivement laid. Pire encore, c'était un parfait imbécile. Le genre de connard à qui on a donné la vie en regrettant de ne pas avoir pesé sur "cancel" rendu à 90% de sa création. Et pourtant, il me semble qu'à 90%, on aurait déjà eu un putain de bon indice de l'horreur en cours de modelage.

Yoan était grand. Et imberbe. Il faut dire que tout ça remonte en secondaire deux, à l'époque où nous cultivions tous "notre" poil de barbe, afin qu'il devienne long, dru, et tout de même soyeux. Yoan, pour sa part, n'en avait pas. Certains étaient plus choyés par la nature, comme mon ami Mat, qui lui, possédait déjà son fameux pinch roux. M'enfin. Dans toute sa rousseur, Yoan, lui ne contemplait pas la moindre pilosité faciale.

Lorsqu'on interpellait Yoan, il arrivait en courant, nous lâchant son traditionel "HEIN?!" qui n'allait pas sans rappeler l'air inquiétant d'une chèvre de montagnes qui a perdu le nord. Yoan se questionnait constamment. Il avait le point d'interrogation à l'ordre du jour. Tout l'intriguait. Pourquoi tout le monde arrive à mettre un pied devant l'autre sans trébucher, comme lui le faisait si bien. Pourquoi quand les personnes qui l'entourrent ont la morve au nez, ils font usage d'un mouchoir, comparativement à lui qui était prédisposé à redéfinir l'usage de son chandail. Pourquoi une fille a des seins, et pourquoi veulent-t-elles lui crisser une claque en pleine face chaque fois qu'il les regardaient avec un filet de bave en bordure de la bouche. Pourquoi tout élève payait son repas 3,25$ alors qu'on lui en demandait 18$ pour la même portion.

Yoan était possédé par la joie de vivre. Il gambadait. Sans arrêt. Ou peut-être était-ce sa démarche naturelle. Son regard vide nous incitait à demander un changement de place dans une classe où on y était trop souvent confronté. Ses jambes molles étaient des cibles de rêve au soccer, alors qu'on pouvait sans trop d'efforts assister à un moment cocasse en échange d'un simple croc-en-jambes. Ses cheveux roux nous semblaient à l'origine-même de la création du gel à coiffer, tant ils semblaient gras. Ses bras nous rappelaient les junkies que nous croisions lors de nos visites annuelles de Montréal, jusqu'à ce qu'on s'en approche suffisamment pour constater qu'il s'agissait plutôt de taches de rousseur.

Yoan était définitivement tout un personnage. On m'en a raconté des biens bonnes à son sujet. Toutefois, l'important, c'est que lorsque je passe en revue mes albums scolaires du secondaire et que je remarque ce personnage troublant, je me rappelle qu'au moins une chose me fera assurément pisser de rire pour le restant de mes jours: Yoan.

28 décembre 2006

L'hostie de poker.

Je suis tanné d'entendre parler de poker. Tout le monde autour de moi... okay, tous les hommes autour de moi, d'abord, parlent de poker. Ça joue au poker. Ça s'achète des jetons de poker. Ça s'achète des tables de poker. Et ça garroche leur argent au poker.

C'est quoi, cette mode de cul là?

C'est la renaissance des cartes, ou celle de l'homme macho portant une chemise à carreaux qui veut se sentir viril en tenant son jeu de carte et en camouflant son air suspect sous sa moustache de duvet?

Qu'on recommence à tripper sur le 8 ou sur le trou de cul, bout de viarge. Le poker. J'en reviens pas encore. Dans ma tête, seul James Bond est encore cool de jouer au poker, en 2006. OUI, EN 2006. 2007, C'EST DANS 4 JOURS, VERRAT.

Allez donc chier. Pis amenez-vous un jeu de cartes.

Le poker.

Bâtard.

27 décembre 2006

L'entre Noël-Jour de l'an

Y'a tu de quoi de plus pénible que de travailler entre Noël et le Jour de l'an? Pour un paquet de raisons, c'est probablement la période de l'année la plus horrible lorsqu'on n'a pas assez d'ancienneté pour réclammer des vacances. Par exemple: Tout le monde qui t'appelle est crampé. HA! Tu travailles. Ben oui, hostie. Tout ce que tu fais est botché. Travailler entre Noël et le Jour de l'an, c'est un peu comme dire à son boss "Merci pour le bonus de fin d'année, je recommence à me forcer le cul dans 10 jours". Impossible d'être productif. On a juste hâte que ça finisse pour virer une brosse de nouvelle année, faire nos résolutions, écouter les recap de RBO, Infoman et Laflaque -- Dans le cul, Madonna.

Tout le monde a l'air bête. Tout le monde bâille. Tout le monde a frette. Et y'en a pas un d'assez allumer pour monter le chauffage. On s'en crisse. Tous autant qu'on est. Un client porte plainte? Qui mange de la marde, c'est Noël, yé supposé être heureux. On règlera ça le 3 janvier.

C'est quelque peu hallucinant de constater que cette période, autrefois si agréable, est devenue un enfer pour chaque minute passée dans son milieu de travail. C'est d'autant plus désagréable lorsque l'on veut aller faire l'épicerie ou magasiner en finissant, puisque la plupart des commerces sont suffisamment brillants pour rester fermer en dehors d'heures normales. Bref, par chance que j'ai fait le plein de cannages de toutes sortes.

J'adore ma job. Et j'adore le temps des fêtes. J'imagine que le secret, c'est un peu d'éviter de mixer ça...

24 décembre 2006

Joyeux Noël

Je vous souhaite à tous un très joyeux Noël. Si vous vous sentez offensé par mes souhaits religieux, je vous invite donc à aller cuisiner une dinde, la manger au complet, seul, et y repenser deux fois avant de critiquer mes souhaits des fêtes lorsque vous serez en train de vous vider l'estomac de la grosse Butterball que vous venez d'engloutir.

Bref, passez de bons moments en famille, entre amis, et essayez de leur offrir quelque chose de spécial. Une crotte en plastique pour mettre sur le bord de la bolle, une machine à flatulences portative, un chevreuil en tapis, un stylo en forme de crotte et un bac à fleurs remplis de tout sauf de fleurs ne sont pas nécessairement des bonnes idées.

Pour ma part, je digère ce temps des fêtes et je me promets de retrouver ma régularité d'antant. Il va me falloir beaucoup de métamucil et un minimum de volonté, mais je vous JURE que je retrouverai ma flore intestinale saine. Ainsi que mon goût de vous écrire des niaiseries quotidiennement.

18 décembre 2006

Magnifique

Quelle journée magnifique. Je me lève en pleine forme, pour la première fois depuis mon écrasante fin de session. Je n'ai pas à déblayer mon char, puisque la température est une fois de plus clémente. J'arrive à temps au travail, question de prouver ma bonne volonté. J'ai un excellent dîner, question de garder le moral. Je consulte mes notes pendant ma pause, le temps de remarquer qu'un autre excellent résultat vient confirmer ma session de rêve. On termine la journée en beauté, avec une charge de travail beaucoup moins imposante qu'on le croyait à 10h le matin, on se quitte dans la bonne humeur. De retour chez moi, un chèque de retour de TVQ m'attend dans la boîte aux lettres, mon chat vient me coller, et je te lâche un de ces pets qui te soulage comme rien d'autre.

Désolé de vous avoir manqué!

13 décembre 2006

La fille de Bob Gainey

La fille de Bob Gainey, comme vous le savez sûrement, a été portée disparue au large de Cape Cod la fin de semaine dernière. Depuis quelques jours, les recherches ont été abandonnées, la jeune femme étant probablement décédée.

Voilà un événement bien triste que trop de journalistes, dont plusieurs oeuvrant spécifiquement dans les colonnes sportives, couvrent avec beaucoup d'exagération.

C'est une tragédie. Et c'est en lien avec une personnalité connue. Mais évidemment, lorsqu'on parle du Grand Manitou du Canadien de Montréal, on parle de surexposition, puisque le québécois moyen connait plus les joueurs de l'équipe que la composition de l'Assemblée nationale.

Est-ce qu'il y aurait eu moyen de couvrir l'événement correctement, sans que les imbéciles de journalistes sportifs ne se mettent à chercher quel impact ceci pourrait avoir sur... LE CANADIEN?! Il y a une différence majeure entre dire que l'équipe gagnera le prochain match en l'honneur de Bob Gainey et commencer à penser si Gainey reviendra ou pas à son poste, si la chimie de l'équipe va s'améliorer davantage, si ça va dévaster tout le monde, si Pierre Gauthier, qui remplace Bob Gainey sera à la hauteur de la situation. STOP!

La fille d'un homme est probablement décédée à l'heure qu'il est.

Pouvons nous traiter de cette situation sobrement, le laisser vivre son deuil, souligner l'événement comme il se doit, comme il l'a d'ailleurs été fait par l'organisation du Canadien, soit en observant une minute de silence, et passer à autre chose en laissant un peu la paix à ce pauvre homme?

Hier, la porte du vestiaire était fermée après l'entraînement matinal. C'est un geste illégal, mais l'équipe a obtenu une permission spéciale de la part de la Ligue Nationale. Les journalistes vantaient cette bonne décision, mais comment y a-t-il à parier que si ce n'avait pas été le cas, combien de ces mêmes vautours se seraient rués dans la chambre pour avoir l'opinion des joueurs? Ils l'auraient TOUS fait.

C'est peut-être leur travail, mais quelques fois, ne vaut-il pas mieux reculer, afin d'honorer ses principes?

Qu'est-ce qu'on en a à foutre, de savoir ce que Garth Murray pense de la disparition de la fille de son patron? Est-ce qu'il a d'abord envie de se prononcer là-dessus?

C'est ridicule. Et désolant.