Si j'étais Fred Durst, ça se passerait autrement.
Ma vie est palpitante. Surtout en ce moment. Vraiment. Je ne blague pas. Ou très peu, du moins.
Je suis en pleine fin de session. Je travaille comme un débile. Les banques ont la fâcheuse habitude d'être excessivement fréquentées en ces temps de réjouissance. Ça ne me fait que plus de travail sur le dos. Sans compter les travaux. Les présentations. Les transports fréquents du point A au point B au point A à nouveau, retour au point B, au point C, au point B, en terminant ça au point A, afin de prendre quelques heures de sommeil pour reprendre la routine par la suite.
La routine. L'hostie de routine.
Je n'ai rien contre la routine: comprenez-moi bien. J'ai quelque chose contre MA routine. J'aimerais avoir une routine plus agréable. Ce n'est pas possible en ce moment. Dès que j'emménagerai avec ma concubine, ce sera différent. En ce moment, nyet. Je suis pris au piège. Comme une poutre devant une scie ronde.
Je tente fréquemment de la briser, cette routine. Malheureusement, elle est plus coriace que je suis porté à le croire. Elle se redresse dans l'immédiat. Pire encore, plus je la test, plus elle me revient en pleine face avec une vigueur inégalée. Y'a pas à dire, ma routine est dans son peak sexuel. Je suis sensé être dans le mien également, d'ailleurs. On y reviendra.
Je disais donc une poutre. Ah non, la routine. La routine. La poutre, c'était il y a deux jours.
J'ai donc tenté de la briser. Hier soir. Je suis allé au théâtre. Avec ma copine. Un chic théâtre. Le Prospero. Sur Ontario. Voulez-vous bien me dire pourquoi on trouve à Montréal une rue Ontario, d'ailleurs? On y reviendra. À un autre moment qu'à mon peak sexuel, si vous permettez.
Au théâtre, donc. Assister à l'excellence pièce "Monsieur Malaussène au Théâtre". Oui. Une adaptation du roman de Daniel Pennac, mon auteur de prédilection. Un monologue d'une heure quinze, interprété à merveille par Vincent Magnat. Oui, le gars de Radio Enfer, Mat. Non, pas Andrew, Seb. PAS UNE POUTRE NON PLUS, Seb.
Sublime.
Un tout petit théâtre. À peine cinquante places. Et un petit bar sympathique. Le décor? Un rideau. Bleu. Derrière lequel une musicienne sacre des coups de baguette sur des vases de différentes grosseurs. De la très belle musique. Sur la scène, quatre livres. Oui, ces livres-là. Au bonheur des ogres, la fée carabine, Aux fruits de la passion et... Monsieur Malaussène.
Comique, troublante, complexe, absurde. Sublime. Difficile de décrire plus en détails. Faut voir. Et avoir lu un minimum de l'oeuvre de Pennac, en guise d'introduction à tous ces personnages.
Ç'a marché, aussi. La routine s'est brisée.
Sauf que ce matin, alors que je franchissais les portes à haute sécurité de mon travail, j'ai reçu une claque en pleine face. Je ne suis pas en vacances, je n'ai pas terminé ma session, je sens le swing et je suis mal rasé.
J'ai hâte qu'elle me donne du lousse, cette routine.
D'ici là, je vais tenter de la briser à nouveau, en écrivant sur ce blogue. Y'a pas à dire: faire semblant que ma vie est intéressante contribue grandement à me maintenir sur pieds. Je vous reviens en force bientôt.


5 Comments:
Quand tu auras trouvé le truc pour briser la routine, dis le moi. J'ai plusieurs printemps de plus que toi, et je cherche encore. Je ne cherche pas à te décourager dans ta quête, tu es peut-être juste plus brillant que moi.
On se voit vendredi, çca cassera un petit bout de plus.
Choke pas mon ostie, parce que je sais où tu restes et je sais que tu possèdes aussi des patins affilés.
Ma te tirer des figurines de rats!
Amène là ta garnotte!
Viendrais-tu vraiment d'affirmer vouloir te faire empâler par Stéphane Dion, ou est-ce que je divague en sacrament?
séb! On est avec toi, lâche pas. C'est important les chauffes-eau. Tsé, ma douche je l'aime chaude.
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